Branlette italienne maitresse domina paris

09.01.2018

Argenteuil

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Je constate qu'à ceux-ci manque la faculté de pouvoir s'élever au-dessus de la souffrance, la résignation et son apaisement profond, divin. Si donc cette souffrance peut avoir un but, ce n'est qu'en éveillant la pitié de l'homme, qui recueille l'existence manquée de l'animal et devient le libérateur du monde en reconnaissant l'erreur de toute existence.

Un jour cela te sera rendu plus clair dans le troisième acte de Parsifal, matin du Vendredi Saint. Constater le nondéveloppement de cette faculté de libération du monde par la compassion humaine, la voir périr par le manque volontaire de culture, me rend l'homme tout à fait antipathique et diminue ma pitié envers lui jusqu'à entière extinction de sensibilité en présence de sa détresse.

En celle-ci se trouve pour l'homme la voie de la rédemption, qui manque à l'animal s'il ne la reconnaît pas et qu'il veuille plutôt la tenir fermée, j'éprouve le besoin de lui ouvrir cette porte toute grande et je puis aller jusqu'à la cruauté pour lui faire comprendre la détresse de la souffrance.

Rien ne m'est plus indifférent que la plainte du philistin à propos de son bien-être troublé toute pitié ici deviendrait de la complicité. De même que tout mon être lutte pour s'élever au-dessus du niveau ordinaire, de même ici je n'ai qu'une seule envie, celle d'enfoncer l'aiguillon pour que l'on arrive à sentir la grande douleur de vivre 1. Avec toi, mon enfant, c'est aussi fini de ma pitié Le journal que tu me donnas encore au moment suprême, tes dernières lettres, te montrent si haute, si sincère, si purifiée par la souffrance, si maîtresse de toi-même et du monde,.

Tu ne vois plus ta douleur, mais bien la douleur du monde tu ne peux même plus te figurer la souffrance que sous cette forme. Tu es devenue poète, au sens le plus noble.

Cependant j'éprouvai une terrible pitié pour toi le jour où tu me repoussas, quand tu étais la proie non plus de la souffrance mais de la passion, quand tu te jugeais trahie, quand tu croyais méconnu ce qu'il y a de plus noble en toi. Alors tu m'apparus comme un ange abandonné de Dieu. Et de même que ton état de crise me délivra rapidement de mon propre trouble, il me rendit inventif pour te procurer l'apaisement et la guérison.

Je trouvai l'amie qui pouvait le mieux t'apporter la consolation et le réconfort, calmer, concilier. Ainsi ne dédaigne point ma pitié pour autrui, où que tu la voies s'exercer, puisque pour toi je réserve le bonheur! L'être inférieur, à qui j'accordais ma pitié, je dois m'en détourner rapidement, sitôt qu'il me demande du bonheur. Ce fut la cause de mes dernières explications avec ma femme.

La malheureuse avait compris à sa façon ma décision de ne plus passer le seuil de votre maison et croyait que cela signifiait une rupture avec toi. EUe s Imagina qu'à son retour la paix et la confiance devaient renaître entre elle et moi Combien effroyablement je dus la désappointer Maintenant.

J'ai une existence pénible, après tout! Quand je songe de quelle formidable masse de soucis, d'exaspérations, d'angoisses et de chagrins je dois me charger pour me procurer de temps à autre un peu de jouissance, j'ai presque honte de. Cette lutte incessante en vue d'acquérir le nécessaire, ces fréquentes et. Tous ces soucis s'accordent si bien et si naturellement avec l'existence de celui qui ne vit que pour lui-même et qui, dans l'effort pénible afin de se procurer le nécessaire trouve précisément le condiment pour la jouissance imaginaire du résultat obtenu C'est pourquoi personne au fond ne comprend pour quelle raison ceci révolte absolument chacun, car c'est la destinée et la nécessité pour tous.

Qui donc comprend réellement qu'un être puisse considérer la vie non pas comme la voie vers un but personnel, mais comme un moyen inévitable d'atteindre un but supérieur? Il faut que j'aie à accomplir une destinée particulière sinon, comment aurais-je su résister si longtemps déjà et comment résisterais-je aujourd'hui encore, notamment?. On ne s'imagine pas le moins du monde combien rarement un ami arrive à se rendre compte de la situation—pour ne point parler du caractère intime-de celui qu'il intitule son ami.

Mais ceci s'explique de sol-même d'après la nature des choses, cette amitié sublime ne peut constituer qu'un idéal, tandis que la nature même, cette créatrice, cette égoïste cruelle dès l'origine, ne pourrait, même avec la meilleure volonté, y rien changer. Elle ne peut que se considérer dans chaque individu comme étant le mondé tout entier et ne reconnaître l'autre individualité qu'autant que celle-ci flatte cette erronée conception du moi.

Voilà la vérité -Et; malgré cela, on persiste à vouloir vivre 1. Il n'y a pas longtemps, la comtesse A. Un livre de peu de profit.

Au lieu des traits caractérisant véritablement la plus ancienne des légendes, que je cherchais, rien, pour ainsi dire, que l'exposé de son développement en largeur, qui devient évidemment toujours d'autant plus déplaisant que le germe originel est plus pur et plus sublime. Après avoir été dûment révolté par la description détaillée du culte fixé dorénavant pour toujours. Grande fut mon horreur et je ne pus la cacher à la comtesse, qui croyait avoir touché la corde sensible.

On a beaucoup de peine à se défendre de pareilles impressions dans ce monde porté à tout déugurer. Les gens aiment tellement à représenter ce qu'il y a de plus noble en le rabaissant à leur propre niveau, c'est-à-dire en le caricaturant, dès qu'ils ne peuvent s'élever jusqu'à lui! Je suis parvenu toutefois à me conserver pur le Bouddha, fils de Çakya, malgré la caricature chinoise. Cependant dans cette IIistoire, j'ai découvert un trait nouveau, trait auquel je n'avais pas fait attention jusqu'ici, qui m'est précieux et me fournira probablement une solution importante.

Le voici Çakya-Mouni était tout d'abord absolument opposé à l'admission des femmes dans la communauté des saints. Il émet, à diverses reprises, l'opinion que les femmes sont beaucoup trop soumises par leur nature à la sexualité, et, par là, au caprice, à l'opiniâtreté et à l'existence personnelle, pour qu'elles puissent parvenir au recueillement et à l'intense contemplation, indispensables à l'individu s'il veut s'écarter de la tendance naturelle et aboutir à la rédemption.

Ce fut Ananda, son disciple favori, le même ier Novembre jgo4. Ceci avait une grande importance pour moi. Tout naturellement, mon plan en acquit un vaste développement. Le plus difficile était de prêter une forme dramatique, voire musicale, à cet être humain délivré de tous désirs, le Bouddha lui-même.

Là solution du problème est qu'il parvient encore à un dernier degré de purification en acceptant une nouvelle vérité, qui lui vient- comme toute vérité non point par l'enchaînement abstrait de conceptions, mais par l'expérience visible du sentiment, donc par un choc, un mouvement de son propre moi et qui lui fait gravir ainsi le dernier échelon vers la plus haute perfection.

L'instigateur de cette ascension est Ananda, qui est encore plus près de la vie et directement sous l'influence du violent amour de la jeune tchandala. Ananda, profondément touché, ne peut répondre à cet amour qu'en suivant sa voie, la plus élevée, en désirant attirer la bien-aimée à lui, pour lui faire partager les délices de la félicité suprême.

Son maître s'oppose à ses desseins, non pas brutalement, mais en déplorant une erreur, une impossibilité. Finalement, lorsque Ananda, navré, croit devoir abandonner tout espoir, Çakya, parla puissance de sa compassion et comme attiré par un nouvel et dernier problème, dont la,solution a retardé son renoncement à la vie, se sent disposé à éprouver la jeune fille.

Celle-ci vient trouver le maître. Avec des supplications elle lui demande de permettre qu'Ananda l'épouse. Et'il énumère les conditions renoncement au monde, détachement de tous les liens de la nature. A ce dernier commandement, elle est enfin assez sincère pour s'évanouir, brisée. Arrive alors t'en souviens-tu encore? Çakya-Mouni refoule alors tout orgueil humain, et sa compassion envers la jeune fille, dont il s'évoque à lui-même et dont il révèle à ses adversaires toutes les existences antérieures, acquiert une telle force que, dès qu'elle se déclare prête à toutes les promesses, ayant senti toute l'immensité de la souffrance du monde par sa propre souffrance, il l'accepte dans la communauté des.

IL considère maintenant son existence libératrice, vouée à tous les êtres, comme achevée, puisqu'il a pu délivrer aussi la femme, indirectement. Tu peux suivre le bien-aimé partout, maintenant; tu peux être toujours auprès de lui. Heureux Ananda elle est à tes cotés, à présent, la blen-almée, tu l'as gagnée à jamais.

Mon enfant, le sublime Bouddha avait raison en excluant sévèrement l'art. Alors nous serions libérés Ananda et Savitri Mais il n'en est pas ainsi. Au moment où elles me viennent, elles m'apparaissent comme des images, avec la plus intense,la plus réelle visibilité, mais comme des images qui me ravissent, il faut que j'examine de plus près, plus attentivement, pour voir mieux, plus profondément, saisir les traits, arriver à l'exécution, donner la vie à cette image comme si elle était ma propre création.

Pourquoi trouve-t-elle aussi le bonheur dans ton art? Ton art appartient au monde et elle appartient aussi au monde. Oh si vous autres, savants bornes, vous compreniez le Bouddha, grand et aimant, vous vous émerveilleriez de la profondeur d'intuition qui lui montrait l'art comme l'obstacle le plus invincible pour arriver au bonheur Croyez-moi je puis vous l'affirmer J.

J'étais habitué à cette plaisanterie, que me faisait souvent au manège le brigadier Merlaux. IL avait adopté cette forme elliptique, les deux jours de consigne qu'il me donnait étant généralement levés à la cantine. Ce qui m'ennuyait le plus, ce n'était pas d'offrir deux kummels, c'était d'être obligé d'en boire un. Avec nos bourgerons mal tirés et nos ceinturons de cuir, nous ressemblions à de grands enfants.

Juché sur ma jument Lunette, les pieds pendants faute d'étriers, j'étais partagé entre la crainte d'être puni et la préoccupation de ne pas amener les naseaux de Lunette trop près de la croupe de Franchise, qui ruait. L'officier chargé des élèves-brigadiers était parti, ce jour!

Cette double défection lui donnant le pouvoir suprême. Nous continuions à trotter sans étriers. Quelques-uns d'entre nous, impatients et autoritaires, soufflaient au brigadier le commandement. Le sous-officier est encore dans la cour. Feignants de malheur, qui ne veulent rien savoir pour aller cinq minutes au trot sans étners! Du temps que j'ai fait mes classes, tu parles que l'on pilait pendant des trois quarts d'heure,'et c'est rare si nos gradés à nous étaient des poires comme moi, et s'ils nous avaient à la bonne 1 La reprise avait maintenant l'aspect élégant d'un groupe de cavaliers dans l'allée des Poteaux.

Nous allions deux par deux ou trois par trois, les rênes flottantes, et des conversations particulières, fort animées, heurtaient d'échos discordants le froid silence du manège. Il y eut bien un moment d'émoi, parce qu'un officier très galonné apparut quelques instants dans la baie. Mais on se rassura, en le reconnaissant. Colsonnet, le commandant du cinquième escadron, qui faisait preuve d'un dédain tranquille pour tout ce qui était étranger au sujet, d'ailleurs inconnu, et peut-être inexistant, de ses méditations.

J'étais à cet instant dans un état d'esprit excellent, car les classes à cheval étaient virtuellement terminées ce jour-là. L'exercice du cheval constituait le gros ennui de ma vie de cavalier. Ce n'était pas à cause du trot sans étriers on s'y faisait. Je courais à côté du cheval sans me décider à faire un effort pour sauter dessus.

N Je rassemblais toute mon énergie, je donnais un appel de pied dans le sable. Ma main droite avait un bon point d'appui sur le pommeau de la selle; mais il n'en était pas de même de mon bras gauche. Lunette remuait constamment le cou, et j'avais empoigné trop peu de crins. Je retombais les pieds dans le sable. H fallait remonter cepen-. Je passais enfin ma jambe droite de l'autre côté, en raclant la croupe de Lunette, qui s'agitait déplaisamment à ce contact. L'ennui, c'est qu'à peine sur ma bête, il fallait recommencer, car un laps de temps considérable s'était.

D'abord je ne bougeais pas, espérant vaguement qu'en raison des grands efforts que je venais de fournir, je me trouverais dispensé du second exercice. La grande affaire, en cet endroit, était d'empêcher Lunette de bouger et de rejoindre ses camarades pour prendre part à leurs voltes et à leurs demi-voltes.

Je pensais aussi qu'on me regardait, ce qui ne m'enhardissait pas. Et je n'étais pas plus tôt sur mon cheval que je regrettais de n'être plus à terre, car il fallait rentrer dans la reprise pour d'autres exercices qui ne me plaisaient pas non plus.

On partait au galop, et l'officier tapait sur sa botte avec son stick. H n'en fallait pas davantage pour mettre les chevaux en belle humeur. J'aime assez la belle humeur des hommes mais je ne goûte celle des chevaux que lorsque ma destinée n'est pas associée à la leur. L'ardeur de Lunette était fâcheusement stimulée par mes éperons qui, bien malgré moi venaient s'accrocher à ses flancs. Lunette, bien que je tirasse sur la bride, ne reprenait le pas que lorsque le dernier des chevaux s'était remis à cette allure.

J'avais, à ce moment, l'air froid de quelqu'un à qui on a fait une mauvaise plaisanterie, et qui est au-dessus de ça. Mais j'étais bien content que ce fût fini. Les classes à cheval terminées, les chevaux ramenés aux écuries, on remontait dans les chambres en emportant sur ses épaules la. Les brigadiers nous pressaient, et les bottes et les éperons, dans l'escalier des chambres, faisaient un bruit formidable sur.

La précipitation qu'il fallait y mettre gâtait notre plaisir de quitter le lourd pantalon à basane et les bottes, et de se retrouver dans le treillis flottant, dans les bonnes galoches, la tête entourée du confortable calot. On prenait derrière son lit sa musette de pansage, où il manquait toujours quelque chose, le manche de l'étrille ou l'époussette de drap. J'aimais beaucoup les chevaux avant d'entrer dans la cavalerie.

Mais comment continuer à aimer une bête à qui on est obligé de faire deux heures de pansage tous les jours A moins de ressentir un amour délibéré pour toutes les créatures de Dieu ou de désirer très vivement les galons de premier soldat, comment peut-on supporter sans tristesse l'obligation quotidienne de frotter avec la brosse et de gratter avec l'étrille le corps d'un animal plus haut que vous et beaucoup plus large, et qui présente une immense surface de peau, où sous l'étrille et sous la brosse renaît constamment une poussière inépuisable 1 Je n'avais pas tardé à me convaincre que cette poussière était constituée par de minimes pellicules, et que, plus je frottais, plus j'avais chance d'en détacher.

J'avais donc, au bout de quelques séances, renoncé à frotter, sauf quand un omcier s'arrêtait devant moi. Alors je passais la brosse sur le dos du cheval avec beaucoup d'animation et une cadence de mouvements que j'avais l'air de donner pour ma cadence habituelle, mais qui était beaucoup trop précipitée pour être soutenue vraisemblablement pendant plus d'une demi-minute. Si, au lieu d'un omcier, c'était un brigadier qui passait devant moi, le coup de brosse devenait.

Le pansage se faisait parfois au dehors, le long des murs, et l'on attachait les chevaux à des anneaux de fer. Le plus souvent, à cause de la pluie ou du soleil trop vif, on restait dans les écuries. On tournait les chevaux, la croupe à la mangeoire, et l'on n'apercevait dans l'écurie que les deux rangées en vis-à-vis de leurs longues faces débonnaires.

Les hommes avaient disparu. Ils étaient assis sur les bat-flancs, causant a voix basse ou rêvant. Seuls deux ou trois, qui s'ennuyaient trop, faisaient du pansage, et frottaient en désespérés. C'est pendant ces longues heures inoccupées que je fis plus ample connaissance avec Aubin.

Son cheval Rémus était voisin de ma jument Lunette. Aubin brossait rapidement sa bête qui, au bout de cinq minutes, était tout à fait propre. J'attendais avec impatience qu'il eût fini, pour causer. Aubin était un engagé de cinq ans.

Il s'était engagé à dixhuit ans, avec l'idée de faire sa carrière militaire, s'il ne s'ennuyait pas au régiment. Ce qui me plaisait en lui, c'est que, tout en ayant des qualités d'agilité, d'adresse physique, qui me manquaient, il témoignait, en m'écoutant, qu'il était sensible à certains dons intellectuels, pour lesquels les gradés qui m'entouraient n'avaient sans doute pas toute l'estime qu'il aurait fallu. Je lui racontais des histoires, dont il riait énormément.

H était très agréable. Nous prîmes l'habitude d'aller dîner ensemble au restaurant, trois ou quatre fols par semaine. Je ne sais pas pourquoi nous ne restions pas simplement à la cantine Vigneron, dans notre bon et spacieux bourgeron de treillis.

Je mettais donc mon pantalon numéro un, dont le drap était dur et la ceinture bien étroite. Sur ma tunique, qui me serrait aux entournures, j'attacliais le ceinturon où venait s'accrocher un sabre long et embarrassant qui ne fut jamais pour moi un attribut familier.

Sur ma tête enfin s'appuyait lourdement un casque, qui sentait le vieux cuir et le vert-de-gris. J'essayai, ce jour-là, une quinzaine de pantalons. J'avais les jambes courtes et les hanches larges. Tous les pantalons qui ne m'étranglaient pas le derrière étaient beaucoup trop longs de jambes. Pour n'être pas trop blessé par les bottes, j'en choisis de très vastes, de sorte que, lorsque je marchais, mon talon quittait la semelle à chaque pas et montait le long des contreforts.

Mais ce mouvement ne Faisait qu'augmenter sur le pavé des rues la résonnance flatteuse des éperons. On me donna aussi un képi pour l'exercice et la petite tenue. Il me prenait assez bien la tête, et je feignis, par optimisme, de ne jamais m'apercevoir qu'à la naissance de la visière se trouvait un repli de cuir qui, pendant toute une année, m'entretint sur le front une petite écorchure. On nous avait conduits dans un autre bâtiment pour nous orner de casques guerriers.

Ce n'était plus une coiffure, comme le chapeau, ou même le képi, qui se fait à la forme de la tête. Le casque rigide est une sorte de meuble qu'on pose sur les soldats, un meuble de cuir, de cuivre et d'acier, indéformable. On s'était disputé les plus belles crinières.

Comme j'avais horreur de la compétition, je me contentai de celle qui resta et qui, étant très grêle, avait l'avantage de peser moins. Un homme du cinquième escadron m'en vendit par la suite, pour cent sous, une magnifique dont je n'avais guère envie, mais que je n'osai lui refuser.

Elle disparut d'ailleurs au bout de deux jours et je retrouvai à la place, après mon casque, une espèce de misérable petite queue de chat, courte et clairsemée. C'était l'époque où j'étais tout à fait bleu, un bleu d'une quinzaine, l'époque où, à la chambrée, j'étais encore entouré d'inconnus, avec qui je me familiarisais peu à peu.

Les noms, avant de se poser dénnitivement sur les personnes, hésitaient comme des papillons. Le nom d'Audibert s'applique-t-il à cet homme roux, ou bien à cet homme un peu moins roux qui couche deux lits plus loin? On n'a guère que le visage comme point de repère quand les hommes sortent en ville, leurs jambes sont deux colonnes de drap rouge et de cuir noir; il n'y a que trois ou quatre modèles de torses correspondant aux trois ou quatre tailles de tunique; à la cham-.

Le rapiéçage particulier d'un gilet de tricot fournit quelquefois des indications. On confond moins entre eux ,les sous-officiers. Ils sont moins nombreux. Leur tenue de fantaisie leur laisse une forme plus spécialisée, des proportions plus reconnaissables.

Et cependant il faut souvent un bon mois à un individu doué de la mémoire des physionomies pour reconnaître à peu près tous les sous-officiers. Souvent le chef n'a pas trop de deux galons pour n'être pas confondu avec tel maréchal des logis de l'escadron. On s'étonna de la rapidité avec laquelle je sus mettre des noms sur des figures. En dehors du maréchal des logis Salaruc, trop basané pour n'être pas reconnaissable, du maréchal des logis Serpin, toujours vêtu à l'ordonnance, tous les maréchaux des logis furent pour moi le sous-omcier.

Il me demanda avec un regard sympathique qui j'étais et ce que je faisais chez moi, et je lui répondis avec une abondance reconnaissante qui le satisfit très vite car il me sembla qu'il en savait tout de suite assez.

Je le trouvai martial, avec son sabre et son étui de revolver en sautoir. J'attendis quelques instants au corps de garde. J'étais le premier arrivé des volontaires. J'avais couché la nuit à l'hôtel, et je m'étais levé à quatre heures du matin. Les cavaliers qui entraient au corps de garde, les hommes de corvée qui traversaient la cour avec leurs balais, comme tous ces gens étaient à leur aise et bien chez eux Un dragon en petite tenue dit au sous-omcier.

Je vais chercher la jument du capitaine de Versin. Le capitaine de Versin, un inconnu pour moi; son nom apparaissait brusquement dans ma vie. Comme ce dragon était supérieurement familiarisé avec ce nom-là. Cependant les volontaires arrivaient un à un. On nous fit sortir du corps de garde et ranger le long du mur. Ils étaient, pour la plupart, assez tranquilles.

H n'y avait que moi d'eQrayé. Et ma détresse était terrible. J'avais peur d'être puni, d'avoir un cheval trop vif, de coucher dans des draps pas propres, de n'avoir pas de facilités pour me laver, et de ne pas savoir exactement à qui il faudrait payer à boire. Il faudrait aussi trouver le lieutenant de Beauvoisin, que je ne connaissais pas, et. Je fus presque soulagé d'apprendre qu'il n'était pas en ce moment au régiment, étant parti chercher des chevaux de remonte.

On nous conduisit à la salle d'étude, et l'on nous fit faire une dictée, que je jugeai trop facile. J'aurais voulu me distinguer. Mais je n'y parvenais pas. Ma première sortie se fit un dimanche, en casque et sabre. Mes parents étalent venus me voir. Ma mère me trouva très beau. Cet avis favorable, qui contrastait un peu avec celui de mes chefs, m'empêcha de croire à mon inélegance, et d'en prendre délibérément mon parti.

Papa me fit déjeuner à l'Hôtel du Commerce. Il y était descendu plusieurs fois,- du temps qu'il voyageait pour les soieries, âvant d'avoir à Paris sa maison de rubans. Il me recommanda au patron de l'hôtel, un homme énorme, dont je n'ai jamais entendu la voix. Il dirigeait ses garçons avec des clignements d'yeux, des hochements de tête, et en leur désignant des tables, du bout de son index très court. D'ailleurs, je ne vins pas dîner souvent à l'Hôtel du. On nous indiqua, à mon ami Aubin et à moi, le restaurant de l'Etoile, où l'on était servi plus vite, et qui était plus près du quartier.

Si vous voulez, nous dit le patron de l'Etoile. Je ne vous prendrai pas plus cher. Les fois que j'en aurai besoin, de ce petit cabinet, j'en serai quitte pour vous le demander, voilà tout. Et, par le fait, vous ne vous trouverez pas dans l'inconvénient de dîner avec des officiers. Et vous pouvez aussi avoir l'idée qu'il y en a bien qui sont susceptibles de venir en civil, que vous pourriez peut-être ne pas reconnaître. Tout ça vous met dans la gêne pour parler de l'un ou de l'autre.

Enfin, ce que je vous en dis, c'est naturellement dans votre intérêt et votre avantage, et vous en ferez ce que vous voudrez. A partir du lendemain, on nous installa dans le petit cabinet, et nous eûmes le plaisir de voir arriver pour nous servir la nièce du patron, une jolie fille de vingt ans à peine. Elle avait tant de cheveux blonds qu'elle paraissait toujours mal colnee.

J'aimais bien son sourire, et ses yeux bleus étalent très doux et très malins. Elle nous parla du régiment, d'un sous-officier qui y avait été, un nommé Mansard, parti depuis aux cuirassiers. H lui avait fait la cour. On ne sut jamais jusqu'où ils étaient allés. J'aurais bien voulu l'embrasser, mais je n'osais pas.

Lui ne perdait pas son temps à se demander ce qui allait arriver. Quand Marie apporta du riz gratiné, comme elle avait des manches courtes, il lui prit le bras, et y posa vivement ses lèvres.

J'en fus d'ailleurs heureux comme d'une victoire personnelle. Quand nous partîmes, Aubin s'approcha d'elle. Je me détournai, par discrétion. Mais je vis dans la glace qu'il lui mettait un baiser dans le cou. En sortant du restaurant avec mon camarade, j'avais cette impression gaillarde que nous avions fait la noce, et que nous étions les militaires de la légende, les militaires aimés des belles. Ma vie de chaque soir avait désormais un but: Peut-être irait-il plus loin.

Le brigadier Albert avait une figure bien ronde, une petite moustache bien tracée et des joues colorées régulièrement. Il était sorti deuxième du précédent peloton d'élèves-brigadiers.

Mais sa voix paraissait enflée, et il ne savait pas nous engueuler comme le brigadier Merlaux, qui nous envoyait les injures les plus ordurières avec tant de bonhomie que ça unissait par n'être plus grossier. C'était simplement un langage violent, destiné à être entendu de' loin.

Le maréchal des logis Jehon, qui s'occupait des élèves-brigadiers, était un engagé à qui il manquait encore six mois pour finir ses cinq ans. Il nous faisait l'effet d'un homme presque vieux, bien qu'il eût vingt-cinq ans à peine. Il avait une forte moustache, un regard droit et ferme. Il me sembla, dès le premier jour, que je ne me rapprocherais jamais de lui.

Il lui arrivait d'être avec moi presque aimable, mais vraiment au prix d'un effort qui nous faisait mal à l'un et à l'autre. Et moi, je lui répondais avec une complaisance qui ne se sentait jamais assez franche. Je me rappelle qu'il prit la peine de me démontrer, à moi tout seul, le mécanisme de la carabine.

Je l'écoutai avec un tel désir de paraitre écouter attentivement que je ne saisissais pas un mot de son explication. Je balayais cependant avec toute mon énergie. Mais il parait que j'avais pour cet exercice une incapacité irrémédiable, et qu'il suffisait de me regarder un instant pour être sûr que jamais de ma vie je ne balayerais convenablement. Ce jour-là, Jehin me prit le balai des mains.

Je vis que, sous le balai, la poussière s'en allait très bien. Pour moi, je n'enlevais jamais rien, faute d'appuyer assez fort; et, si j'appuyais trop fort, le balai ne glissait plus. A la boxe, où nous donnions des coups de pied et des coups de poing dans le vide, je n'envoyais jamais les pieds assez en l'air, et, quand je donnais des coups de poing, affirmait le brigadier Merlaux, j'avais plutôt l'air d'attraper des mouches.

A force d'application, j'arrivais à ne pas trop me faire enlever aux classes à pied. Un vendredi après midi, Aubin se trouva derrière moi à un mouvement de l'école de peloton.

Il me dit, tout en marchant. Je ne répondis pas tout de suite. Je m'imaginais que l'officier instructeur, M. Il était pourtant assez loin de nous, en train de causer avec d'autres officiers, élégants et terribles comme de jeunes seigneurs. Je ne puis dire si c'était un officier de valeur ou simplement un aimable cavalier, distingué d'allures c'était l'officier.

Après de longues années, je ressens encore la fascination que l'officier, ce dieu, exerce sur de pauvres cavaliers de deuxième classe, séparés de lui par une série de puissances, bénignes d'abord, puis importantes, puis redoutables. Quand l'officier vient aux classes, la vision encore furtive de son dolman et de ses galons au bout de la cour crée tout de suite dans l'atmosphère une sorte d'enchantement. Il me sembla que, l'officier étant là, c'était une grande audace de la part d'Aubin de parler ainsi dans les rangs.

Cependant je n'avais toujours pas dit si j'avais ma permission. Le téméraire Aubin me défila tranquillement une phrase très longue où il me disait que Marie avait congé le lende-.

Je fus tellement impressionné que je n'entendis pas le brigadier Merlaux crier le mot d'avertissement. La secousse sembla se communiquer au brigadier Merlaux, qui était pourtant à vingt pas du peloton.

Le sous-omcier Jellon me dit d'une voix calme Si le lieutenant me fait une observation, je vous mettrai quatre jours. Je ne fus pas très ému de cette menace car une punition de quatre jours, en me privant de permission pour le lendemain, coupait court, en ce qui me concernait, aux projets d'Aubin et aux difficultés de toutes sortes qu'allait susciter cette partie de plaisir. D'abord, ayant une permission, pourrais-je me dispenser de venir voir ma famille à Paris?

Mes parents ne l'admettraient jamais. Les samedis de permission, je prenais le train à cinq heures et j'arrivais à Paris à minuit. Papa et maman m'attendaient' à la maison. Je mangeais sans rien dire, et je ne disais pas grand'chose jusqu'au lendemain soir. Je n'étais pas fatigué au régiment, mais il me suffisait de rentrer cliez moi pour me sentir accablé de fatigue.

Je me levais à onze heures, pour profiter de mon lit. Je dormais encore quelques petites fois l'après-midi, préoccupé de l'argent qu'il faudrait demander, avant de partir, à mon père qui ne s'y attendait pas. J'avais décidé de demander le double de ce qui m'était nécessaire. Mais la peur de mon père m'amenait peu à peu, avant de sortir ma demande, à la réduire à une somme toujours Insunisante. Pour me permettre de prendre le train de sept heures et demie, on dînait de trop bonne heure, et je mangeais sans faim.

J'avais l'estomac chargé le wagon sentait la houille et m'agitait d'hostiles secousses. Je ne m'endormais qu'une demi-heure avant d'arriver, pour me réveiller tout de suite.

On descendait, endormi et triste, le long de la route bordée d'arbres qui conduisait au quartier. I[ était trois heures du matin quand on rentrait dans l'air épais de la chambrée. On se couchait et on s'endormait le plus vite possible pour perdre la sensation de la mauvaise odeur. Et l'on était bientôt réveillé par la trompette tyrannique, qui sonnait le demi-appel.

On jetait aux chevaux, dans les râteliers, leur petit déjeuner du matin, pendant que, d'impatience, ils raclaient leurs chaînes et tapaient des coups sourds sur les bat-flancs. J'allais en permission comme je sortais en ville. Je n'osais me soustraire à ces corvées, qui portaient un nom avantageux. Et puis j'avais toujours peur de peiner mes parents en ne leur prouvant pas assez d'amour.

Jamais je n'oserais leur dire que je ne viendrais pas. Et jamais je ne mentirais en disant que je n'avais pas de permission. C'était au-dessus de mes forces. Le lendemain matin, le courrier fut providentiel.

Papa et maman partaient pour la voir. Et je n'étais pas plus content pour cela. Car, maintenant que rien ne l'empêchait plus, la partie de plaisir me faisait peur, comme toutes les parties de plaisir.

J'avais suivi avec un intérêt passionné la conquête de Marie par Aubin. Cette aventure me donnait plus de satisfaction, en tout cas une satisfaction moins mêlée et moins troublée que si j'avais été moi-même en jeu. Si Marie m'eût aimé, un pervers et juvénile instinct de dénigrement m'aurait constamment tourmenté.

Je me serais ingénié à la trouver moins avenante et moins jolie. Mais j'étais charmé inlassablement par le sourire et les yeux familiers de l'aimable amie de mon ami Aubin.

J'étais pour elle le spectateur toujours dispos et toujours séduit. Et j'étais heureux que ce joli visage fût attendri par l'amour, puisque aussi bien celui qu'elle aimait était ce garçon de belle taille, franc de regard et de traits réguliers.

Je crois que, plus âgés, nous n'accueillons pas les succès amoureux de nos amis avec un tel enthousiasme. C'est qu'ils sont eux-mêmes plus âgés et moins faits extérieurement t pour l'amour.

C'est qu'ils sont aimés pour des charmes moins apparents, pour des regards et des expressions de visage que leurs amies seules connaissent. D'autre part, ils sont plus discrets, se surveillent, craignent le ridicule, et ne trahissent leur fougue que seul à seul avec l'objet aimé.

H nous semble qu'ils se cachent de nous, et, inconsciemment, nous leur en gardons rancune. Ce fut un grand jour pour moi que celui où Georges Aubin devint l'amant de Marie. C'était promis pour un jeudi. Il avait rendez-vous avec elle dans une petite chambre que nous avions louée en ville. Je conduisis Aubin jusqu'à la porte.

J'attendis quelques instants dans un café voisin, pour guetter sa venue, à elle. Je rentrai au quartier, très joyeux, et, jusqu'à minuit, j'attendis Aubin dans la cour. Il arriva à la dernière minute. Nous traversâmes la cour sans rien dire.

Arrivé dans l'escalier des chambres, il m'embrassa, se mit à pleurer et me dit qu'il était bien heureux. Je l'embrassai aussi, très ému. Je sentis que nous étions bien amis. J'étais très content quand on sortait ensemble tous les trois. J'étais pour leur amour un public, et un public bienveillant. Ils renouvelaient leur plaisir à s'embrasser devant moi. Et puis, je les distrayais. Comme ils paraissaient contents d'être avec moi, j'étais heureux d'être avec eux.

Je ne demandais rien davantage et j'étais bien tranquille ainsi. Ce fut eux qui s'avisèrent que je m'ennuyais sans doute de n'avoir pas de petite femme à embrasser, et que j'étais peut-être agacé d'être là tout seul, à les regarder.

Un penchant naturel et bien féminin à rapprocher des personnes décida Marie à me présenter à une amie. Cependant je n'avais pas encore vu ma Marie à moi, que Marion devait amener ce samedi soir à six heures à la gare, où tous les quatre nous devions prendre le train pour un petit village que nous connaissions déjà pour y être allés à trois.

Marion m'avait affirmé que Marie était très bien. Mais elle me l'avait dit avec plus de résolution que d'élan. J'étais donc un peu inquiet. Enfin, je me disais que c'était toujours une femme. Je priai le Ciel qu'elle n'eût pas de mauvaise odeur. Le reste, je m'en arrangerais. Toute la journée du samedi fut occupée par la crainte de la punition fatale, des deux jours de consigne qui m'empêcheraient de partir en permission. Au pansage du matin, je m'aperçus que Lunette saignait au garrot.

Conduisez-la à la visite, me dit le brigadier Merlaux. Et mouvez-vous un peu! Si des fois le vétérinaire est pour s'en aller, il sera de mauvaise humeur de vous voir arriver en retard, et vous n'y couperez pas de vos quatre jours, pour avoir mal sellé votre bique et l'avoir blessée sur le dos. Le vétérinaire était un homme long et triste dont la pèlerine, les moustaches et le nez pendaient du même mouvement vers le sol.

Il toucha la blessure de Lunette, qui se mit à danser fortement en remuant sa grosse croupe. Vous viendrez la rechercher tout a l'heure, et vous direz à votre brigadier de semaine qu'elle est indisponible pendant deux jours. Aux classes à cheval, je montai Berceau, le cheval de voltige. J'étais content et un peu humilié tout de même, car Berceau exécutait directement les ordres de l'instructeur, et semblait me considérer moins comme son cavalier- que comme un paquet un peu gênant qu'on lui avait mis sur le dos, pour augmenter probablement le mérite de ses exercices.

Tout cela sous la direction de l'adjudant maître d'armes, le sentencieux Bonelli, qui employait son temps à mesurer sa salle en large et en long, et à changer de place des tableaux dessinés à la plume où se trouvaient inscrits, parmi des guirlandes, les noms de tous les maîtres d'armes qui avaient été au régiment.

Le pansage de trois heures ne donna lieu à aucun incident. L'officier de semaine était là. Et, quand toutes ces précautions étaient prises, il se promenait avec une tristesse rêveuse, en songeant sans.

Le pansage terminé, je montai enfin dans la chambre pour m'habiller. Gourin, mon brosseur, m'attendait.

Gourin était employé aux cuisines, où il aidait le cuisinier en pied. C'était une espèce d'Hercule dont l'amitié joviale était terrifiante. Le tout me revenait à six francs par semaine. T'étais de la classe en arrivant. Le cuir semblait verni, le mors était poli au bleu. Pour ne pas compromettre cet ouvrage, il avait enveloppé le tout dans un linge fin, et c'est la bride de son cheval, à lui, qu'il me donnait à la place, se contentant de la nettoyer sommairement. Je lui disais parfois.

Les as-tu eus me demandait-il brusquement. Il boudait, ce qui me valait vingt-quatre heures de tranquillité. Comment donc qu'elle est? C'est-il une belle fumelle, au moins Faudra pourtant que tu m'la fasses voir un jour, mon fi Simon 1.

Comment était-elle, au fait? J'en étais encore à me le demander, toujours avec un peu d'inquiétude. Comme Gourin venait de m'accrocher mes bretelles et me passait ma tunique, Aubin, qui couchait à l'étage au-dessus, entra dans la chambre. Lui portait le casque avec élégance, et son sabre ne l'embarrassait pas. Je le trouvais si aisé d'allures que je m'ima-.

Il était évident pour tous, excepté pour moi, que j'avais dans la tenue et dans la démarche un je ne sais quoi qui n'était pas militaire. Il ne me restait d'autre ressource que de décider que tous ces gens m'étaient hostiles par bêtise, et qu'il fallait les mépriser. C'est ce que je fis de mon mieux. Mais je n'étais tout de même pas assez sûr de moi pour être tranquille. Nous arrivâmes, Aubin et moi, dans l'avenue de la gare.

Et Aubin dit ces quelques mots qui me firent tressaillir Je crois que les voilà là-bas I. Je levai les yeux, et j'aperçus, à une centaine de pas, Mari on et sa robe rose, à côté d'une autre personne en gris, assez grande, et, dont le vaste chapeau, orné de marguerites, m'impressionna d'une façon plutôt favorable. Il me sembla qu'elle était très bien. Mais alors pourquoi Marion et Georges m'avaient-ils paru si réservés dans leurs appréciations?.

Il est vrai que nous étions encore loin. Nous approchions et je ne lui découvrais toujours aucune tare. Elle avait de grands yeux noirs. Ce ne fut qu'en arrivant auprès d'elle que je vis qu'elle manquait de charme, sans qu'on sût exactement pourquoi.

Elle était grande, pas trop maigre. Ses traits étaient réguliers, son nez droit et fin en cherchant bien, on pouvait lui reprocher d'avoir trop peu d'espace du nez au menton, et les lèvres trop minces. Mais ce n'était pas à cela, c'était décidément à autre chose d'indéfini qu'il fallait attribuer son manque de charme.

Je me mis à rire, pas très spontanément. La personne se mit à rire aussi, avec si peu d'expression dans le regard qu'on ne put savoir si elle était gênée ou non. Je vis bientôt que Marion et elle se connaissaient très peu. Elle travaillait chez une ouvrière où Marion faisait faire ses corsages. Marion lui avait demandé, en causant, si elle allait à la campagne le dimanche.

Elle avait répondu qu'elle se promenait sur le mail, à la. C'est alors que Marion avait pensé à moi, et l'avait invitée à venir avec elle et Georges, en lui disant qu'elle lui présenterait un ami. J'appris tous ces détails par Marion, car, pour rien au monde, je n'aurais posé une question à cette personne, dont l'aspect tuait instantanément toute curiosité. Quand je lui parlais, il me semblait que ma voix prenait un son ingrat.

Il s'était trouvé que, grâce à un concours de circonstances spéciales, elle avait déjà eu un amant. Ce fut dans un château des environs où elle était allée travailler en journée. Elle avait été séduite par le monsieur du château, un homme entre deux âges, qui habitait avec une femme infirme et bien plus âgée que lui. Pour aller jusqu'à Morilly, où nous avions retenu deux chambres à l'auberge, le chemin de fer mettait une demiheure environ.

A peine dans le compartiment, où nous n'étions que tous les quatre, Georges et Marion commencèrent' à s'embrasser comme des enragés. Moi, je m'étais assis à l'autre bout de la banquette, à côté de Marie, et j'avais passé un bras derrière son dos. Puis, je me mis à l'embrasser par devoir, comme un enfant mange sa soupe. Je lui appuyai des baisers sur le cou, en les prolongeant le plus possible, pour en attester la ferveur. Comme je levais la tête pour respirer, elle me déposa à son tour sur la joue un petit baiser, puis elle se mit à sourire, d'un sourire qui n'en finissait plus.

Le voyage se passa ainsi. Je l'embrassai avec beaucoup d'assiduité. Nous évitions de regarder Georges et Marion, qui se tenaient très mal.

Ce fut un grand soulagement pour moi quand le train s'arrêta à Morilly. D'abord, j'avais faim nous avions passé depuis longtemps l'heure de la soupe. On nous servit dans une petite salle inondée de soleil couchant, au milieu d'une fanfare de mouches. En sa qualité de nièce de restaurateur, Marion se livra à des critiques sévères sur un poisson si mou, et un poulet si dur, qu'il n'y avait vraiment pas besoin de compétence spéciale pour en apprécier la qualité. On ne s'amusait pas encore; il est vrai qu'on ne faisait encore aucun effort pour ça.

H semblait qu'on ne voulût pas y mettre du sien, et qu'il fallait laisser la partie de plaisir nous réjouir toute seule, par sa propre vertu. Il semblait aussi que la présence de Marie n'animait pas la fête. Elle ne disait rien. Elle buvait quantité d'eau rougie et mangea toute la salade, que nous avions trouvée trop vinaigrée. Le résultat ne se fit pas attendre.

Comme on apportait l'entremets, nous la vîmes porter sa serviette à sa bouche. Puis elle s'approcha de la fenêtre. Déjà, sans nous être communiqué notre impression, notre accord s'était fait tacitement pour apprécier l'élément d'Intérêt que la présence de Marie apportait à.

Elle vint se rasseoir à la table. On décida d'aller la coucher. Marion monta avec elle. Georges et moi nous restâmes seuls à manger du fromage, a la lueur d'une bougie triste. Puis nous avisâmes un vieux jeu de dames, dont les pions blancs, qui noircissaient, et les pions noirs, qui blanchissaient, se ressemblaient à s'y méprendre.

La partie finie, Marion n'était pas descendue. Nous commencions à avoir sommeil. Enfin, elle apparut dans l'escalier. Vous savez qu'elle souffre toujours. Je vais être forcée de coucher avec elle. Georges et vous, vous allez coucher ensemble, en attendant qu'elle aille mieux.

Nous acquiesçâmes à cette proposition, puisqu'il n'y avait pas moyen de faire autrement. Marion était à moitié désha-. Elle souriait de son sourire bienfaisant. Aucune femme ne me semblait si désirable. Et pourtant, pour rien au monde, je n'aurais voulu être son amant. Il me semblait, il me semble encore, que c'eût été pour moi un plaisir impossible à supporter, et que j'en aurais été frappé d'effroi comme un pâtre indigne que distinguerait, dans un instant de folie, une immortelle.

Je craignais son amour comme la foudre. C'était d'ailleurs une crainte un peu chimérique. La chambre qu'on nous désigna était au même étage que celle où reposait Marie, mais à l'autre bout du couloir. Je c plaisantai Georges en me déshabillant. Tu vois, mon vieil Aubin. Ça t'apprendra à vouloir marier ton petit ami. Nous étions si tranquilles tous les trois. Comme j'allais me mettre au lit, Manon revint, nous apportant cette fois de bonnes nouvelles.

Marie se trouvait mieux. Je pouvais aller la retrouver. J'allai donc rejoindre Marie. Je m'étendis auprès d'elle. Je la pris dans mes bras et lui parlai avec une tendresse très vive et très naturelle. Quelques instants après, cette tendresse était calmée et je lui disais avec une sollicitude moins exaltée Maintenant, je crois que vous feriez bien d'essayer de dormir. Quand je me réveillai le matin, je n'avais personne auprès de moi.

Je vis Marie tout habillée, son chapeau de marguerites sur la tête. J'ai attendu que vous soyez éveillé pour vous dire au revoir me dit-elle. Je vais prendre un train pour retourner chez moi, parce que, n'est-ce pas, je ne suis toujours pas bien portante. Au revoir 1 me dit-elle, en me tendant la main. Je la lui serrai machinalement. Puis, comme elle s'en allait, je me dis que j'aurais dû l'embrasser. Mais je n'y avais pas pensé. Je m'allongeai et je m'étirai dans le lit avec une grande satisfaction.

L'après-midi, Marion, Georges et moi, nous nous promenâmes dans la forêt. Nous étions contents de nous retrouver ensemble tous les trois. Nous fimes cependant, à quelques semaines de là, un autre essai. Marion avait rencontré chez une de ses amies une grosse femme rousse, qui travaillait dans une maison de modes.

Mais sa pétulance et sa gaieté agressive nous amenèrent à regretter la passivité de Marie, qui n'était en somme pas très gênante, du moment qu'on surveillait son alimentation et qu'on l'empêchait de s'emplir de salade. La grosse modiste avait la rage de chanter des chansons de café-concert.

Encouragée par des applaudissements obtenus en d'autres milieux, elle se laissait aller à une grande exubérance de gestes que ne récompensaient pas assez nos sourires languissants. On finissait par rire un peu plus fort, par condescendance. Mais ces approbations charitables furent pour elle un tel stimulant que nous revînmes, d'un commun accord, au silence le plus sévère. Ce fut encore un dimanche perdu. Il nous décida au moins à renoncer aux nouvelles connaissances.

Toutes ces déceptions, d'ailleurs joyeusement accueillies, avaient l'avantage de fortifier notre liaison, en nous faisant sentir davantage son charme rare et son prix. Et je ne voyais vraiment pas comment et pourquoi cette amitié serait gâtée. Un après-midi, j'étais descendu de très bonne humeur à l'appel de trois heures.

Je venais d'apprendre par l'ordonnance du lieutenant de Grainville que son officier était parti a Paris pour deux jours. Pendant deux jours, nous ne l'aurions pas aux classes à cheval. Le maréchal des logis Jehon m'était hostile. Mais sa malveillance se traduisait plutôt par des. Cette vie de régiment, au jour le jour. J'étais donc, à cet appel de trois heures, dans un état d'esprit assez heureux, et je jouissais particulièrement, ce jour-là, de me trouver, avec la permission publique, dans cette tenue lâche et débraillée d'un soldat en bourgeron.

Nous étions rangés sur deux rangs espacés, et nous avions de bons aspects patibulaires sous notre calot d'écurie et dans notre treillis plus ou moins taché.

L'appel fini, on serrait les rangs. L'aile gauche, où j'étais, s'avança pour exécuter le mouvement commandé, et c'est alors que j'aperçus Aubin à l'aile droite qui venait sur nous, et que je fus frappé de son air désolé. Je l'interrogeai du regard. Les chevaux Hardi, Héricourt, Hublot, seront présentés au conseil de réforme. La punition du dragon Toufler est portée à quinze jours de prison. Sur le centre, alignement Cavaliers à gauche, gauche Colonne en avant, marche Tournez.

Quand nous fûmes arrivés, Aubin et moi, dans les stalles, nous nous dépêchâmes de bridonner et de retourner nos chevaux, et de les attacher à la chaîne des bat-flancs. Puis, prenant d'une main la brosse à bouchon, pour nous donner une contenance, nous vînmes nous appuyer contre les mangeoires, en posant l'autre main sur la croupe de nos chevaux, pour les avertir qu'il y avait du monde et qu'il ne fallait pas taper. Je viens de la voir tout à l'heure.

Elle est dans tous ses états. C'est elle qui paie les fournisseurs et tout. Il se trouve —je te dis ça à toi, tu comprendras tout de suite que c'est un secret très grave il se trouve qu'elle a pris de temps en temps de l'argent pour elle, en pensant bien, n'est-ce pas, qu'elle le rendrait?.

Elle se disait toujours qu'elle en aurait de sa marraine d'ici quelque temps. Elle comptait là-dessus pour rétablir ce qui manque. Or il parait que sa marraine n'est pas du tout à son aise dans son commerce. Enfin, voilà que son oncle a eu la toquade de s'acheter un terrain je ne sais pas où, du côté de Saint-Arvin, et qu'il lui faut de l'argent pour payer son acquisition.

Ill'a promis au notaire pour après-demain, jeudi. C'est une chose signée. Il va demander l'argent de la caisse, et il manque un peu plus de huit cents francs. Cet hommelà est une brute. Alors, tu comprends, elle s'affole. Tout à l'heure elle parlait de se tuer. Qu'est-ce que tu veux que je fasse? Je n'ai absolument rien. Tu connais ma situation. Ma pauvre maman vit d'une petite pension, et je me reproche constamment le peu que je lui coûte.

Tu ne peux pas t'imaginer ce que je suis depuis midi. Je ne sais plus ce que je fais. On va sauter des obstacles tout à l'heure. Je glisserais exprès en sautant, si j'étais sûr de me tuer du coup. Je vais écrire à mon père. C'est curieux, moi qui me sentais dénué de courage à l'idée de demander de l'argent pour moi à mon père, je n'avais plus aucune hésitation, du moment qu'il s'agissait d'un autre.

Je vis tout de suite la combinaison à proposer c'était une avance que je demanderais à papa. Pour se rembourser, il me retiendrait une somme de. Malheureusement, dis-je à'Aubin, je ne pourrai écrire que demain. Mes parents sont partis aux eaux depuis hier. Je ne sais pas encore à quel hôtel ils descendent. Je n'aurai leur adresse que demain matin,. Tu ne pourrais pas télégraphier? Papa consentira, mais il faut que je lui donne des explications détaillées.

Et si j'envoie une dépêche un peu longue, avec trop de mots, il ne sera pas content. C'est terrible, dit Aubin. Jamais nous n'aurons l'argent pour après-demain.

C'est comme si nous n'avions rien. Qu'est-ce que tu veux? Es-tu sûr que ton père te donnera l'argent? Mais je le vis tellement désolé que je me hâtai de lui dire que j'en étais sûr, en exagérant mon air convaincu, pour compenser l'effet de mon hésitation. Escort Girls Trans; Escorts Girls. Une branlette avec finition dans sa bouche.

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